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1) – BANALISATION DE LA SOUFFRANCE

 

 

Tous les animaux n’occupent pas la même place dans l’affectif des hommes.

Si les mammifères en général et ceux dits « domestiques » en particulier sont plutot considérés dans l’imagerie populaire comme les aristocrates du règne animal, les autres branches de ce règne ne jouissent pas de la meme considération. Si les oiseaux ne s’en sortent pas trop mal, les poissons, amphibiens, serpents, insectes, arachnidés et autres invertébrés en sont les parents pauvres.  

 

Il suffit que des chiens, des chats ou tout autres mammifères soient maltraités ou logés dans des conditions déplorables, pour que l’on assiste, et à juste titre, à une levée de boucliers, les médias et parfois les politiques s’associant volontiers à ce mouvement.

Il faut dire que ces animaux tiennent une place importante dans la vie des hommes au point d’être devenus des animaux de compagnie pour la plupart, de travail pour les autres, tant pour la garde que pour l’aide à certaines personnes handicapées. Ils sont une compagnie pour les personnes âgées, un compagnon de jeux pour les enfants et leurs propriétaires n’hésitent pas à dire d’eux qu’il ne leurs manque que la parole. L’intégration à la famille est évidente au point que l’on découvre parfois même des ressemblances comportementales voire physiques entre l’homme et son animal. L’anthropomorphisme à encore un bel avenir.

 

Les Nouveaux animaux de compagnie (N.A.C) sont différemment considérés par le grand public.

Si les rongeurs ont acquis une sympathie certaine, surtout chez les enfants, il n’en est pas de même pour les reptiles (serpents, lézards, tortues), les insectes, les araignées et les amphibiens. Ces animaux souffrent toujours de notre méconnaissance, parfois de notre mépris, et plus grave, peuvent faire l’objet de certaines phobies. Et on entend des commentaires vibrants d’ignorance sur ces animaux comme les serpents qui sont froids et gluants alors qu’ils sont secs et que la température de leur corps dépend exclusivement de celle de  l’environnement qui les accueille. D’ailleurs, les baptiser « animaux à sang froid » me semble totalement inadapté et il vaudrait mieux: soit les appeler « animaux à température variable », soit utiliser le véritable nom de cette particularité : animaux poïkilothermes ou pœcilothermes.

A part les rares amoureux de ces animaux qui se soucient de leur bien-être, la grande majorité des personnes qui les achètent le font sur un coup de cœur, une pulsion. Ces animaux souffrent de la méconnaissance des hommes, ce qui conduit à des conditions de maintenances trop souvent inadaptées (hygiène, nourritures, températures…) se soldant trop souvent par une mort prématurée.

Fort heureusement, des organismes nationaux et internationaux ont réglementé cette partie de l’animalerie en autorisant, sous conditions, certains de ces animaux (certificat de capacité) et on peut dire que la convention de Washington est la meilleure chose, pour l’instant, qui soit arrivée pour la préservation des espèces animales sauvages, condamnées à plus ou moins court terme à disparaître, en partie à cause des prélèvements outranciers. Heureusement, aujourd’hui, la quasi-totalité des animaux vendus dans les commerces spécialisés est issue d’élevages.

 

Pour les poissons, le comportement des hommes est particulier. Rares sont ceux qui les détestent, beaucoup les trouvent beaux mais ne veulent pas en avoir à cause des éventuelles contraintes qu’un aquarium impose, et une partie de la population, de plus en plus importante, détient des poissons chez elle.

Hélas, cette dernière n’est pas uniquement composée d’aquariophiles et beaucoup trop de personnes ayant un aquarium chez elles considèrent uniquement celui-ci comme un meuble, un objet décoratif, oubliant qu’il est avant tout un espace de vie. Le poisson est ainsi devenu un objet de consommation courante qu’il suffit de remplacer dès qu’il meurt sans se soucier des raisons qui l’ont conduit à cela pour éviter, peut-être , de prochains décès prématurés.

Les mauvaises conditions d’hébergements (volumes inadaptés, associations d’espèces incompatibles, qualités de l’eau…), l’absence ou la rareté des soins apportés pour le confort des poissons et autres invertébrés (nettoyage régulier de l’aquarium, changements hebdomadaires d’une partie de l’eau …), une mauvaise maîtrise des quantités des nourritures et un manque de diversité de celles-ci sont pour l’essentiel les grands responsables de la mort de plusieurs millions de poissons dans le monde.

Sans parler :

- des parents qui ont acheté un aquarium à noël à leur enfant et qui réalisent trop tard que ce n’est pas une envie longuement mûrie mais un caprice, autrement dit que l’aquarium est perçu comme un jouet, et que cela conduit inévitablement à terme à la condamnation à mort des poissons.

- de ceux qui auraient du se poser la question avant d’acheter un aquarium: «on en fait quoi pendant les vacances ?»

- de tous ceux, et ils sont des millions dans le monde, à s’être rendus involontairement complices de ce véritable génocide d’Amphiprions ocellaris lors de la sortie du film « Le monde de Némo » en achetant un aquarium ridiculement minuscule et totalement inadapté pour y loger, sans autre forme de procès, un poisson clown en occultant les besoins élémentaires de ces poissons. Il ont fait la fortune des nombreux fabricants de ces « Kit Némo »  qui ont fait volontairement passer un poisson pour un simple produit dérivé, au plus grand mépris d’un être vivant.

- des conditions de maintenance de certains poissons comme les Betta splendens (combattant) stockés et vendus dans des poches thermosoudées ou dans des pots plastiques de moins de 15 centilitres sous prétexte qu’ils n’ont pas besoin de plus de places (vendeurs dixit).

- Des bocaux ou autres bacs sous-dimensionnés, véritables mouroirs pour poissons rouges que les commerces se prétendant spécialisés vendent abondamment tout en sachant pourtant que ces poissons ont besoin au minimum de 50 litres pour les poissons japonais et de 100 litres pour le poisson rouge commun (Carassius auratus) et bien sur ces volumes sont les besoins par poisson et ceux-ci doivent vivre en groupe. Voila pourquoi on trouve plus souvent un poisson rouge seul dans 15 litres attendant la mort alors qu’il en faudrait au moins trois dans 400 litres pour qu’ils soient heureux.

Toutes ces maltraitances, car il est véritablement question de maltraitances, se perpétuent dans une quasi-indifférence. Les poissons sont des animaux qui n’ont pas la possibilité, à l’instar des mammifères, de se plaindre, de gémir, et les moyens qu’ils ont de signaler un problème ou une souffrance ne sont pas facilement perceptibles par la plupart des hommes,  l’ignorance du  mode de vie et donc des besoins faisant le reste.

La souffrance silencieuse est rarement dérangeante et comme il n’est pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir …

Un particulier qui achète un aquarium devrait s’informer préalablement des besoins de ses futurs locataires et ainsi éviter, autant que possible, la perte de ces derniers. A l’heure d’internet, les sempiternels «je ne savais pas», «on auraient pu me le dire» ne devraient plus exister pour peu que l’on veuille bien faire l’effort de s’informer. Les associations aquariophiles, les innombrables sites internet, la multitude de forums sont autant de sources d’enseignements qu’il est presque inconcevable aujourd’hui de laisser encore de la place à l’approximation et encore moins au hasard.

cab65

le 1/02/2010

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